Les-algoristes

Mercredi 17 janvier 2007
Bonjour,

Voici donc le blog des Algoristes dont nous avons décidé la création hier soir lors de notre réunion au Père tranquille.
Il doit nous permettre d'echanger plus rapidement sur nos réflexions, nos points de vues et nos projets....


Vos contributions sont dès aujourd'hui les bienvenues...


Par les-algoristes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 16 février 2007
 
 
 
STATUTS
 
Article 1. Constitution
 
Entre les soussignés, il est créé par les présents une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901.
 
Article 2. Dénomination
 
L'association a pour titre "Les Algoristes". Dans la suite du texte, elle sera appelée Association ou l'Association.
 
Article 3. Objet
 
Cette Association a pour objet la coopération entre "algoristes", c'est à dire artistes utilisant pour leur art des algorithmes développés par eux-mêmes.
 
Article 4. Siège
 
Son siège est à Maisons-Laffitte. Le Conseil d'administration a le choix de l'immeuble où le siège est établi et peut le transférer dans le même département par simple décision du conseil d'administration.
 
Article 5. Durée
 
La durée de l'Association est illimitée.
 
Article 6. Moyens d'action
 
Les moyens de l'Association sont divers, et comprennent notamment:
- les publications (lettres, livres et rapports), études et conférences,
- l' organisation de manifestations (colloques, salons, voyages d'études, etc.),
- la participation à toute action ayant un rapport direct ou indirect avec son objet.
 
Article 7. Composition, cotisations
 
L'Association se compose de :
 
- membres d'honneur. Ils sont nommés par le conseil d'administration, parmi les personnes qui rendent ou ont rendu des services à l'Association.
 
- membres actifs. Sont considérés comme tels les personnes, morales ou physiques, s'acquittant de la cotisation annuelle de membre actif fixée chaque année par le conseil d'administration.
 
- membres bienfaiteurs. Sont considérés comme tels les personnes, morales ou physiques, s'acquittant de la cotisation annuelle de membre bienfaiteur fixée par le règlement intérieur.
 
Article 8. Adhésion
 
L'adhésion doit être formulée par écrit et signée par celui qui en fait la demande. Cette adhésion n'est définitive que lorsqu'agréée par le Bureau qui statue, lors de ses réunions, sur les demandes d'admission présentées. La décision du Bureau en la matière est discrétionnaire et n'a pas à être motivée.
 
Article 9. Démission, radiation
 
La qualité de membre se perd par la démission ou par la radiation, prononcée pour le non-paiement de cotisations ou pour motifs graves par le Conseil d'Administration, après qu'il ait entendu le membre intéressé, et sans qu'il ait à en faire connaître les raisons.
 
Le membre démissionnaire ou radié ne peut prétendre à aucun droit sur le patrimoine de l'Association. Les sommes versées par lui à l'Association ne peuvent lui être remboursées.
 
Article 10. Administration
 
L'Association est administrée par un Conseil d'administration composé de sept membres
 
Pour le premier exercice, le Conseil d'administration est composé des membres fondateurs.
 
Par la suite, le conseil se renouvelle chaque année par tiers. La répartition des tiers se fera la première fois par tirage au sort.
 
Les membres du Conseil d'administration sont élus au scrutin secret par l'Assemblée générale. Ils sont choisis parmi les personnes physiques membres bienfaiteurs ou actifs ou les représentants des personnes morales membres bienfaiteurs ou actifs.
 
En cas de vacance, le Conseil d'administration pourvoit au remplacement provisoire de ses membres. Leur remplacement définitif intervient à l'Assemble générale suivante.
 
Le Conseil d'administration choisit parmi ses membres, au scrutin secret, un Bureau composé d'un président, d'un secrétaire et d'un trésorier.
 
Article 11. Réunions du Conseil d'administration
 
Le Conseil d'administration se réunit chaque trimestre et chaque fois qu'il est convoqué par son président ou sur la demande de la moitié de ses membres.
 
La présence de la moitié des membres du Conseil d'administration est nécessaire pour la validité des délibérations.
 
Il est tenu un procès-verbal des séances. Les procès verbaux sont signés par le président et le secrétaire.
 
Les décisions sont prises à la majorité absolue. En cas de partage, la voix du président est prépondérante.
 
Article 12. Gratuité du mandat
 
Les membres de l'Association ne peuvent recevoir aucune rétribution en raison des fonctions qui leur sont conférées. Ils pourront toutefois obtenir le remboursement des dépenses engagées pour les besoins de l'Association sur justification et après accord du Président.
 
Article 13. Pouvoirs du Conseil d'administration
 
Le Conseil d'administration est investi des pouvoirs les plus étendus pour autoriser tous actes qui ne sont pas réservés à l'Assemblée générale. Le Bureau rend compte de ses actes au Conseil d'administration.
 
Le Conseil d'administration peut faire toute délégation de pouvoir pour une question déterminée et pour un temps limité.
 
Article 14. Assemblée générale ordinaire
 
L'Assemblée générale comprend tous les membres, à jour de leur cotisation pour ceux qui y sont soumis. Elle se réunit au moins une fois par an et chaque fois qu'elle est convoquée par le Conseil d'administration ou sur la demande de la moitié au moins de ses membres. Chaque membre peut s'y faire représenter par un autre membre muni d'un pouvoir écrit.
 
L'ordre du jour est fixé par le Conseil d'administration.
 
Le Bureau de l'Assemblée est celui du Conseil d'administration.
 
L'Assemblée entend les rapports sur la gestion du Conseil d'administration et sur la situation financière et morale de l'Association.
 
Les convocations sont envoyées au moins quinze jours à l'avance et indiquent l'ordre du jour.
 
Le renouvellement des membres du Conseil d'administration se fait au scrutin secret. Toutes les autres décisions se prennent à main levée, à la majorité absolue des membres présents ou représentés. Le scrutin secret peut être demandé par le président ou le tiers des membres présents.
 
Article 15. Assemblées extraordinaires
 
Cette assemblée ne peut être convoquée qu'à l'initiative du Conseil d'administration. L'Assemblée générale a un caractère extraordinaire lorsqu'elle statue sur toutes modifications des présents statuts. Elle peut décider la dissolution et l'attribution des biens de l'Association, la fusion avec toute autre association d'objet compatible avec le sien.
 
Une telle assemblée doit être composée du quart au moins des membres de l'Association. Les membres empêchés pourront se faire représenter par tout autre membre de l'Association au moyen d'un pouvoir écrit. Si le quorum n'est pas atteint, sur première convocation, l'Assemblée extraordinaire sera de nouveau convoquée et, lors de cette deuxième réunion, elle pourra valablement délibérer quel que soit le nombre des membres présents. Dans tous les cas, il devra être statué à la majorité des trois quarts des voix des membres présents ou représentés.
 
Le Bureau de l'Assemblée extraordinaire est celui du Conseil d'administration.
 
Une feuille de présence sera émargée et certifiée par les membres du bureau.
 
Article 16. Procès-verbaux
 
Les procès-verbaux des délibérations des Assemblées sont transcrits par le secrétaire sur un registre et signés par le président et un membre du bureau présent à la délibération.
 
Les procès-verbaux des délibérations du Conseil d'administration son transcrits par le secrétaire sur un registre signé par le secrétaire et par le président.
 
Article 17. Ressources, comptabilité
 
Les ressources de l'association se composent:
- des cotisations de ses membres,
- des sommes perçus en contrepartie des prestations fournies par l'Association,
- de toutes autres ressources autorisées par les textes législatifs et réglementaires.
 
Il est tenu une comptabilité des recettes et des dépenses. Chaque année, en fin d'exercice, un bilan est dressé par le Trésorier.
 
L'exercice social commence le 1er janvier pour finir le 31 décembre. A titre exceptionnel, le premier exercice social commencera le jour de la publication de l'Association au Journal officiel, pour finir le 31 décembre 2007.
 
Article 18. Dissolution
 
La dissolution de l'Association ne peut être prononcée que par l'Assemblée générale, convoquée spécialement à cet effet et statuant aux conditions de quorum et de majorité prévues pour les Assemblées extraordinaires. L'Assemblée générale désigne un ou plusieurs commissaires chargés de la liquidation des biens de l'Association dont elle déterminera les pouvoirs.
 
Elle attribue l'actif net à toutes associations déclarées ayant un objet similaire ou à tous établissements publics ou prisés reconnus d'utilité publique, de son choix.
 
Article 19. Règlement intérieur
 
Si nécessaire, le Conseil d'administration arrêtera le texte d'un règlement intérieur, qui déterminera les détails d'exécution des présents statuts. Ce règlement intérieur ou ses modifications entreront en application dès leur rédaction, à titre provisoire, jusqu'à leur approbation par l'Assemblée générale, qui les rendra définitifs.
 
Article 20. Responsabilité
 
Le patrimoine de l'Association répond seul des engagements contractés par elle ou des condamnations quelconques qu'elle pourrait encourir, sans qu'aucun de ses membres, même ceux qui participent à son administration, puissent être tenus pour personnellement responsables.
 
Article 21. Formalités
 
Le président, au nom du Conseil d'administration, est chargé de remplir toutes les formalités de déclaration et de publication prescrites par la législation en vigueur. Tous pouvoir sont donnés au porteur du mandat présidentiel pour effectuer ces formalités.
 
 
 
Par les-algoristes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 16 février 2007

Conformément aux statuts, le premier conseil d'administration est contsitué par les membres fondateurs :

- Pierre Berger
- Alain Bittler
- Jean-Pierre Hébert
- Pierre Kueny
- Alain Lioret
- Anne-Sarah Le Meur.

Le conseil a élu le bureau, constitué comme suit :
- Président : Pierre Berger
- Secrétaire : Alain Lioret
- Trésorier : Pierre Kueny.

Le blog a été créé est maintenu par Alain Longuet.
Les relations internationales, et en particulier l'organisation d'une réunion à San Diego en août 2007,  sont développées par Jean-Pierre Hébert.
-

 

Par les-algoristes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 16 février 2007
Eléments de Bibliographie
 
AGOSTON Max K. Computer Graphics and Geometric Modeling. Springer Verlag, London, 2005.
AKIN J.E. Finite Element Analysis with Error Estimators. Elsevier, Oxfort, 2005.
BALPE Jean-Pierre, Saleh I., Lepae D. et Papy F. Hypertextes, hypermédias. Créer du sens à l'ère numérique. Hermès/Lavoisier, Paris, 2003. 
BALPE Jean-Pierre. Initiation à la génération de textes en langue naturelle. Exemples de programmes en Basic. Eyrolles, Paris, 1986.
BERGSON Henri. Le rire. Essai sur la signification du comique. PUF 1940.
BOILEAU. Art poétique.
BOULEZ Pierre. Penser la musique aujourd'hui. Gonthier, Mayence, 1963.
BRES Stéphane, Jolion Jean-Michel et Lebourgeois Frank. Traitement et analyse des image numériques. Hermès/Lavoisier 2003 
BRINKMAN Ron. The Art and Science of Digital Compositing. Morgan Kaufman 1999.
BURNS Michael. Femme digitale : Perfecting the Female Form on Your computer. Ilex 2003. Traduction française, Eyrolles 2004.
CHANGEUX Jean-Pierre : Raison et plaisir. Odile Jacob, Paris, 1994. 
CHAUVET Jean-Marie : Services web avec Soap, WSDL, UDDI, ebXML... Eyrolles, Paris, 2002.
COHEN Harold. Colouring Without Seeing : a Problem in Machine Creativity. (on the Web)
COHEN Harold. The further exploits of Aaron, painter. (on the web)
COUCHOT Edmond et HILLAIRE N. L'art numérique. Flammarion, Paris, 2003.
DELAHAYE Jean-Paul : Le beau doit-il être complexe ? in Pour la Science, juillet 2001.
EBERT David S., KENTON MUSGRAVE F., PEACHEY Darwyn, PERLIN Ken et WORLEY Steven : Texturing and Modeling. A Procedural Approach. Academic Press Professional, Inc.   San Diego, 1994
FOLEY James D. VAN DAM Andries, FEINER Steven K. HUGHES John F. Computer Graphics, Principles and practice. Addison-Wesley, Reading (Mass), 2d Edition 1990. 
FUNCK-HHGH HELLET Ch. Composition et nombre d'or dans les oeuvres peintes de la Renaissance. Proportion, symétrie, symbolisme. Vincent Fréal et Cie. Paris 1950.
HARAWAY Donna J. Modest_Witness@Second_Millennium. FemaleMan_MeetsàOncoMouse. Feminism and Technoscience. Routlege, New York/London. 1997
ITTEN Johannes. Art de la couleur. Traduction française Dessain et Tolra Paris 1985-
2004.
JONES Joseph L. Robot programming. McGrawHill, New York, 2004.
JOUVEN Georges. L'architecture cachée, tracés harmoniques. Dervi Livres, Paris, 1979.
KANDINSKY Wassily. Kunst und Linie zu Flache. Traduction française : Point et ligne sur plan. Denoël 1991.
KANDINSKY Wassily. Ueber das Geistige in der Kunst, insbesondere in der Malerei. 1912. Traduction française : Du spirituel dans l'art, et dans la peinture en particulier. noël, Paris, 1969.
KAUFMANN Jean-Claude : Ego. Pour une sociologie de l'individu. Nathan, Paris 2001.
KIERAN Matthew Ed. Contemporary debates in Aesthetics and the Philosophy of Art. Blackwell, Oxford, 2006.
KLEE Paul. Cours du Bauhaus, Weimar 1921-1922. Contributions à la théorie de la forme picturale. Musées de Strasbourg, Strasbourg, /Hasan Paris 2004.
LEECH Geoffrey N. : A linguistic guide to English poetry. Longman New York 1969, 1984
LIORET Alain. Emergences de nouvelles esthétiques du mouvement. L'Harmattan, Paris, 2004.
MCCORDUCK Pamela . Aaron's code. Meta-Art, Artificial Intelligence and the Work of Harold Cohen. Freeman 1991.
MITCHELL W.J. Thomas : What Do Pictures Want ? The lives and loves of images. The University of Chicago Press 2005.
PANOFSKY Erwin. Idea. Traduction française Gallimard,Paris, 1983.
PANOFSKY Erwin. La perspective comme forme symbolique. Traduction française Editions de Minuit, Paris 1975.
PAUL Christiane. Digital Art. Thames and Hudson, London, 2003. Traduction française L'art numérique. (Traduction française L'art numérique, Thames and Hudson, 2004).
RIVARD Pete. Digital Color Correction. Thomson, Delmar Learning, 2006.
SCHILLINGER Joseph. The Mathematical Basis of the Arts. Philosophical Library, New-York, 1948.
SCHOFFER Nicolas. Le nouvel esprit artistique. Denoël/Gonthier, Paris, 1970.
STOCKER Gerfried and SCHOPF Christine : Simplicity, the art of complexity. Electronica 2006 (Linz, Austria)  
SUBSOL Gérard Ed.  Virtual Storytelling. ICVS 2005. Third international conference, Strasbourg 2005.
VITRUVE. Les dix livres d'architecture de Vitruve, Traduction Claude Perrault. Bibliothèque de l'image, Paris 1995.
XENAKIS Iannis (avec Olivier Messian, Michel Ragon, Olivier Revault d'Allonnes, Michel Serres et Bernard Teyssèdre). Arts/sciences alliages. Casterman, Paris 1979. 
YOO Terry S. Ed. Insight into Images. Peters, Wellesley (Mass). 2004.
 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 16 février 2007
Art et algorithmes
Essai de cartographie du domaine
 
Pierre Berger. 2/2007
 
En première analyse, la relation entre art et algorithmes pourrait se réduire à sorte de bijection: "un algorithme = une œuvre d'art", ou au mieux "une série d'œuvres d'art variant par les paramètres". Mais en général, et le développement du domaine y conduit, une œuvre d'art met en œuvre de nombreux algorithmes. Certains sont développés par l'artiste lui-même (il mérite alors le titre d' "algoriste) ou par le groupe (atelier, entreprise) auquel il appartient (logiciels "propriétaires" des firmes de multimédia ou de jeux notamment). D'autres sont incorporés aux logiciels graphiques du commerce ou de l'open source. D'autres enfin, masqués à l'artiste, sont intégrés aux infrastructures qu'il utilise (par exemple les transformations de formation de format à partir des fichiers .jpg).
 
Pour mieux comprendre comment tous ces algorithmes sont mis en œuvre par les artistes et s'intègrent plus ou moins profondément les uns aux autres, tentons de d'en dresser une cartographie globale. Elle ne se veut pas autre chose qu'une première base de réflexion.  
 
(Pour les références bibliographiques, on se référera aux éléments fournis sur ce même blog dans un article spécifique).
 
Rappelons d'abord quelques paramètres généraux qui caractérisent les algorithmes notamment le nombre de dimension des œuvres qu'ils traitent (du 2D pur au 3D animé), l'espace des couleurs, la résolution, etc.
 
Ceci posé, notre cartographie suit d'abord la linéarité "horizontale" du développement d'un œuvre. Il se développe ensuite "verticalement" les niveaux, en partant des caractéristiques les plus matérielles. Il évoque alors les modes d'intégration et de mise en œuvre. Nous conclurons sur la question des algorithmes d'évaluation "esthétique".
 
Le développement "horizontal" de l'oeuvre
 
La création peut s'envisager comme une démarche allant de la prise d'images à la matérialisation de l'oeuvre.
 
Les images de départ peuvent être créées ex nihilo (modélisation), saisies par des capteurs, prises dans des mémoires ou téléchargées. Principaux algorithmes dans cette phase :
- modélisation (tracé de lignes, extrusion, tournage, lissage, symétrie),
- pilotage et réglage des capteurs (mise au point, réglage des blancs, interpolations...),
- compression, changements de format
 
Les images peuvent être assemblées, combinées. C'est la composition (compositing).
 
Elles peuvent être modifiées par des filtres, des interpoleurs, des outils d'anticrénelage, etc.
 
S'il s'agit d'image mobiles, toutes les opérations précédentes sont complétées par des fonctions temporelles (interpolations, mise en séquence, boucle, etc.).
 
Les touches finales sont apportées par le rendu (rendering) notamment les textures et l'éclairage (ombrage, tracé de rayons). Ces dernières opérations ont un fort chargement algorithmique, qui ne fait que croître (voir par exemple [Ebert]).
 
Enfin, le pilotage des périphériques de sortie comprend aussi une bonne masse d'algorithmes, en général masqués à l'artiste, notamment parce qu'ils sont largement intégrés aux cartes graphiques, aux pilotes et aux processeurs internes des imprimantes (et des autres périphériques : écrans, serveurs en ligne, robots). 
 
Les algorithmes de "changement de niveau"
 
Par rapport à ce schéma linéaire "horizontal", certains types d'algorithmes peuvent être qualifiés de verticaux, assurant un "changement de niveau".
 
Aux "bas niveaux" des fonctions de service donnent accès aux fichiers et réseaux. Elles gèrent des masses de pixels, et même de bits, de manière, les blobs (binary large objects), et plus généralement les fichiers et les flux (steams). 
 
En général, ces fonctions de service n'intéressent pas explicitement les artistes. Il y aurait pourtant des pistes à explorer, de même que, malgré la peinture en tubes, certains continuent à préparer eux-mêmes leurs mixtures personnelles à partir de pigments et de liants.
 
Au dessus, en "remontant" à partir des images, essentiellement vers un niveau "linguistique", on peut parler d'analyse au sens large, et recenser les algorithmes de
- mesure, histogrammes et leur analyse, 
- segmentation (décomposition en régions connexes),
- reconnaissance des formes et plus généralement "vision" (artificielle).
 
Ces opérations "remontantes" ont souvent un caractère incertain, heuristique. Elles pêchent tantôt par défaut (non-reconnaissance de formes pourtant présentes dans l'image), tantôt par excès (reconnaissance d'images non présentes). Un peu comme les sourds qui tantôt font répéter, tantôt répondent à côté de la question.
 
Symétriquement, des algorithmes font passer du niveau linguistique vers l'image proprement dite, à partir de mots pris séparément ou organisés dans des textes. A première vue, ces opération de "génération" ou de "synthèse" n'ont rien d'aléatoire. Le tracé d'une ligne, d'un rectangle ou le dessin d'un modèle prédéfini sont strictement déterministes. En pratique, il peut en aller autrement :
- la résolution de l'image peut s'avérer insuffisante pour représenter le modèle demandé (par exemple, on ne peut pas représenter les lettres de l'alphabet dans une matrice de 2 bits par 2 bits),
- les commandes peuvent s'avérer contradictoire entre elles, soit logiquement ("une grande petite maison") soit dans leurs exigences (tracer un très grand carré tout à fait dans le coin en bas à gauche)...
 
Algorithmes d'interaction avec l'artiste et d'agrégation des fonctions
 
Tous ces algorithmes peuvent être mis en oeuvre un par un, par des commandes déclanchées au clavier (ligne de commande) ou à la souris. Les commandes peuvent s'enchaîner dans le cadre de "scripts", notamment :
 
- pour améliorer l'efficacité du travail de composition, comme le commente assez longuement [Brinkman], qui donne notamment un exemple sophistiqué tiré de Titanic. On peut ici parler d'algorithmes de flot de travail (workflow) ou, dans certains cas, de plate-forme, de système d'exploitation voire de robotique
 
- pour donner vie aux "personnages sans joueur" (NPC, non-player characters),
 
- pour créer des oeuvres d'art autonomes, à la limite, totalement autonomes (programmes Aaron d'Harold Cohen, Roxame, de Pierre Berger),
 
- pour faire coopérer entre plusieurs artistes, voir de grosses équipes (voir par exemple l'organisation de telles équipes pour les jeux dans Brinkmann et (level design). on pourrait aller très loin dans ce sens en s'inspirant de la riche technologie des "web services". [Chauvet]
 
Mais un intérêt majeur de ce passage au niveau linguistique est d'accéder à des possibilités opératoires qui leurs sont propres (concaténation, organisation en lignes ou phrases), déduction (si le langage est suffisamment formel), et surtout les "structures de contrôle" de la programmation : branchement, conditionnement, itération, récursion, génétique. L'artiste développeur (algoriste) accède ici à une large palette qui reste encore largment à explorer
 
Algorithmes d'évaluation esthétique
 
Concluons sur un point est peut-être celui qui semblera le plus inattendu, ou contestable. Il y a en effet une sorte de consensus pour admettre que l'évaluation d'une œuvre d'art relève largement de la subjectivité. Pourtant, individus et organisations sociales (marché, institutions publics) ne cessent d'évaluer les œuvres. Certains aspects de l'évaluation ne pourraient-ils être modélisés, voire programmés ?
 
Les questions intéressantes se posent nous semble-t-il, entre deux extrêmes :
 
- d'une part des évaluations techniques qui ne prêtent guère à discussion et peuvent plus ou moins aisément se programmer : image vide (ou blanche) ou bruit blanc, dominante anormale pour une image naturelle (exemple classique : photographie prise en intérieur avec une pellicule couleur prévue pour le plein air),
 
- d'autre part des évaluations strictement subjectives relevant à la limite de la métaphysique ou des engagements spirituelles personnels.
 
Par Pierre Berger
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus