Un alter ego (réponse)

Publié le par les-algoristes

La réponse de Michel Bret à Christian de Cambiaire.

 

Merci pour vos réflexions, j’ai également visité votre site avec beaucoup d’intérêt.

 

A propos de la place du sujet par rapport à l’œuvre, je pense qu'il faudrait dépasser ce dualisme créateur/création. En effet, avec les nouvelles technologies, l'ordinateur apparaît comme une prothèse disons, pour aller vite, du cerveau. Il s'agit d'une hybridation de l'homme et de la machine par laquelle les deux se trouvent transformés. Ainsi, lorsque l'on crée avec des outils "intelligents" (au sens de l'IA moderne, c'est à dire celle faisant appel à des méthodes connexinnistes), la démarche n'est plus algorithmique et la sensibilité du créateur peut s'exprimer pleinement dans son dialogue avec une entité artificielle pouvant être douée d'émotion (laquelle, comme nous le rappelle Damasio, est indispensable à l'existence même de la rationalité).


Quand je dis que le créateur doit abandonner toute velléité de contrôle sur son œuvre, je ne veux pas dire qu’il doit se soumettre aux dictats du système, mais qu’il doit considérer celui-ci comme une personne raisonnable avec laquelle il est possible de  discuter.

Ainsi le parcours traditionnel créateur -> œuvre -> retour au créateur, qui est une simple boucle, peut être remplacé par un schéma réentrant dans un système où le créateur et l’œuvre ne sont qu’une émergence d’un acte créatif effectué aussi bien par l’humain que par la machine.

Ce sont de telles idées que je tente d’introduire dans mes systèmes, mais il y a malheureusement bien peu de gens qui s’intéressent à ces élucubrations, l’interactivité étant vue comme une activité immédiate et spontanée, alors qu’elle à la base de la vie et de l’intelligence.

 

Bien cordialement.

 

Michel Bret

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Publié dans L 'autonomie

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